lundi 21 novembre 2011

Peut-on être "débaptisé" ?

Peut-on être "débaptisé" ?

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La justice vient d'ordonner de "procéder à l'effacement définitif sur les registres de baptêmes de la mention selon laquelle René Lebouvier a été baptisé le 9 août 1940".
C'est l'histoire d'un retraité normand, René Lebouvier, qui a été baptisé à l'âge de deux jours.
Banal à l'époque. Ce qui l'est moins, c'est qu'il veut aujourd'hui que la mention de cet acte soit "effacée définitivement".

Le tribunal de grande instance de Coutances, dans la Manche, vient de lui donner raison.
L'évêque de Coutances et d'Avranches a fait appel.
Pour Mgr Stanislas Lalanne, "c'est un acte qui a eu lieu. Il ne peut donc pas être effacé".
Commentaire

Je m'étonne que la justice puisse se prononcer sur cette question.
Le baptême n'a aucun sens civil.
Si l'on se place hors de toute considération religieuse, le baptême n'est rien d'autre qu'une pratique rituelle qui consiste à verser de l'eau sur le front - dans sa forme la plus courante s'agissant de la religion catholique - tout en accompagnant le geste de prières.

Si l'on est athée, ce rite n'a donc aucun sens et n'engage strictement à rien.

L'Eglise admet cependant que l'on puisse renier son baptême et autorise à ce que cela soit mentionné sur les registres.

Mais comment demander à l'Eglise de dire qu'un acte qui a eu lieu... n'a pas eu lieu ?
C'est très étrange.
En même temps, je trouve la démarche du libre penseur très intéressante.
Parce qu'elle montre qu'il n'est pas indifférent, au fond, à son baptême.
Sinon, il ne se donnerait pas autant de mal.

En tout cas, je l'interprète ainsi.
On verra bien ce que décidera la cour d'appel.
Mais je ne suis pas sûr qu'une confirmation du premier jugement ouvre la porte à des "débaptisations" en masse.

Le sentiment le plus répandu parmi les baptisés, c'est l'indifférence.
Et c'est bien là le problème pour l'Eglise.
Bien davantage que cette histoire finalement assez anecdotique.

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