lundi 21 novembre 2011

PARIS - Agnès: face à l'émoi, Fillon promet des mesures pour prévenir la récidive

PARIS - François Fillon a promis lundi des mesures pour prévenir larécidive, "priorité absolue", après le meurtre d'Agnès et demandé que les délinquants mineurs auteurs "des crimes les plus graves" soient systématiquement placés en centres fermés dans l'attente de leur jugement.
La direction du collège-lycée du Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire), où étaient scolarisés Agnès, 13 ans, et son agresseur présumé, avait lancé dimanche la polémique en affirmant ignorer l'antécédent judiciaire exact du jeune homme de 17 ans, déjà mis en examen pour viol.
En réaction, M. Fillon a annoncé que les chefs d'établissement et psychiatres en charge du suivi devraient désormais être pleinement informés avant toute inscription dans des cas "aussi graves".
"Pour les crimes les plus graves, le garde des Sceaux demandera aux parquets de requérir le placement en centre éducatif fermé jusqu’au jugement", a annoncé Matignon dans un communiqué publié à l'issue d'une réunion interministérielle.
"Dans des cas aussi graves", est-il écrit dans le communiqué, M. Fillon a demandé à Michel Mercier (Justice) et Luc Chatel (Education) qu'il ne soit plus possible de procéder à des inscriptions scolaires sans avoir fourni une information "complète" au chef d'établissement ou encore au psychiatre chargé du suivi, "dans le respect des règles sur le secret des enquêtes".
Seul à s'exprimer devant la presse au terme de la réunion, M. Mercier, accompagné de M. Chatel et Claude Guéant (Intérieur), a confirmé avoir reçu "un certain nombre d'instructions" notamment sur le partage d"'information entre les services" et "l'évaluation pluridisciplinaire de la dangerosité" des délinquants.
"Il faut aller probablement plus loin que le rapport d'un seul (psychiatre) sur lequel se fonde le juge dans sa décision", a avancé M. Mercier.
Un amendement à la loi de programmation devant être présentée mercredi en Conseil des ministres "sera déposé pour le partage de l'information et des dispositions seront prises sur l'évaluation pluridisciplinaire", a-t-il noté.
Ces mesures doivent permettre "de renforcer le suivi des personnes présentant un risque de récidive", d’améliorer "la prise en charge des mineurs délinquants en accroissant la capacité d’accueil" des CEF et de développer un suivi pédopsychiatrique dans ces centres", a ajouté Matignon.
Dans la matinée, François Fillon avait déjà affirmé que "la prévention de la récidive" devait "être une priorité absolue de tous les services de l'Etat".
"Ce que nous voulons tirer au clair, ce sont les éventuels dysfonctionnements dans la chaîne pénale", avait-il ajouté.
"Il y a des questions normales qui se posent, notamment sur le secret partagé entre la justice, l'école, la santé", avait pour sa part signalé M. Mercier qui avait ordonné dès dimanche l'ouverture d'une enquête et a réuni lundi matin des magistrats des parquets de Riom et de Nîmes.
Mis en examen pour le viol d'une mineure en août 2010 dans le Gard, le meurtrier présumé, bon élève de première, avait effectué quatre mois de détention provisoire avant d'être placé sous contrôle judiciaire fin 2010.
Jugé "réinsérable et ne présentant pas de dangerosité", il était soumis à une obligation de suivi psychiatrique et de scolarisation dans un internat, toutes conditions qu'il remplissait selon le parquet.
Mais le directeur du collège-lycée du Chambon-sur-Lignon, Philippe Bauwens, a affirmé que si son école savait que le lycéen avait "eu des ennuis avec la justice", leur "nature" n'était pas connue. "Et nous n'avions aucun contact avec les services de justice."
Sur Europe 1, la mère d'Agnès a estimé que le drame aurait "pu être évité avec un tout petit peu moins de négligence". "Comment a-t-on pu remettre ce monstre en liberté?", a de son côté dénoncé la famille de la première victime.
Au Collège-lycée Cévenol du Chambon, les cours ont repris lundi après une "réunion générale", mais l'émotion restait forte au lendemain de la marche blanche qui a réuni près de 4.000 personnes.
La classe politique s'est emparée du sujet, tandis que le père d'Agnès a appelé, auprès de l'AFP, à "éviter toute politisation".
Le porte-parole du PS Benoît Hamon a jugé "nauséabond de voir la droite instrumentaliser ce fait divers". Il n'y a pour l'heure "pas d'utilisation (...) de l'émotion populaire" à des "fins politiciennes", a toutefois jugé André Vallini, chargé de la Justice dans l'équipe du candidat François Hollande.

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