BRUXELLES (Reuters) - Le socialiste Elio di Rupo, chargé de tenter de former un gouvernement en Belgique, a présenté lundi sa démission au roi Albert II, qui réserve sa réponse.
L'ancien chef du gouvernement wallon "a fait rapport sur le blocage des négociations budgétaires, sociales et économiques devant mener à la formation du gouvernement", annonce le palais royal dans un communiqué.
"Le formateur a demandé au roi d'être déchargé de sa mission. Le roi tient sa décision en suspens."
La Belgique est sans gouvernement depuis les élections législatives de juin 2010, qui ont vu les séparatistes flamands de la N-VA arriver en tête.
Les chefs de file des huit partis politiques belges avaient annoncé mi-septembre avoir trouvé un accord sur le découpage des circonscriptions électorales, principale pierre d'achoppement entre les partis politiques wallons et flamands.
Mais les négociateurs des six partis impliqués dans la formation d'un gouvernement de coalition ont échoué dans la nuit de dimanche à lundi à trouver un accord sur le budget 2012.
Les partis belges sont en retard sur la rédaction d'un projet de budget, le Parlement devant le voter d'ici le 15 décembre. La Commission européenne souhaite recevoir à cette date les projets de budget des Etats membres.
Une réunion qualifiée de "la dernière chance" par les médias belges a eu lieu lundi après-midi, à l'issue de laquelle Elio di Rupo s'est rendu au château Ciergnon, où le roi est en convalescence.
Le roi a le choix de refuser la démission du négociateur, ce qu'il a déjà fait en juillet.
BLOCAGE
Dans son communiqué, Albert II "rappelle la gravité de la situation actuelle et souligne que la défense de l'intérêt général de tous les belges et les échéances européennes nécessitent une résolution très rapide de la crise politique."
"Le Roi demande que chaque négociateur prenne dans les heures à venir un temps de réflexion pour mesurer les conséquences d'un échec et chercher activement une solution."
Elio di Rupo tente de former un gouvernement de coalition de six partis avec les francophones et néerlandophones de trois familles politiques, les socialistes, libéraux et chrétiens-démocrates.
Les libéraux wallons et flamands sont accusés par les quatre autres formations de bloquer un accord sur le budget.
Le Belgique cherche à ramener son déficit à 2,8% de son PIB en 2012, en accord avec les réglementations européennes de le maintenir sous les 3%, et doit pour cela dégager 11,3 milliards d'euros d'économies.
Les libéraux estiment que la proposition de Di Rupo prévoit trop d'augmentation d'impôts et pas assez de baisse des dépenses.
Le temps ne joue pas en faveur de la Belgique. L'an dernier, le pays a vu sa dette publique atteindre 96% du PIB.
La Belgique est la cible de pressions fortes des marchés obligataires où le coût de ses emprunts s'élève rapidement. L'écart de rendement sur les obligations belges et allemandes à dix ans s'est creusé ce mois-ci à 300 points de base, contre 103 points au début de l'année.
Eric Faye et Clément Guillou pour le service français
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